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Christophe Atabekian

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février 1er, 2019

02:23 pm: Cumulonimbus

Il neigeait au départ, mercredi matin et le train avait eu du retard. 

Nous étions arrivés, avec J., vers onze heures. La réunion avait commencé une ou deux heures avant. Nous avions raté les cinquième année.

Il s'était mis à faire froid. Il y avait cette belle lumière du Nord. Ce ciel d'un bleu vif, ces nuages gras, rapides et dessinés.

J'était descendu à l'hôtel BnB, face à la gare. Un affreux américain faisait de l'esclandre à l'accueil, demandant à être remboursé, sous prétexte qu'une femme de chambre avait eu le front d'entrer dans sa chambre alors que le signal "Do not disturb" était affiché à la porte. Menace de procès et autres catastrophes.

La pauvre femme de chambre terrorisée. 

On lui aurait bien enfoncé le nez dans sa face à ce cochon, mais on avait préféré s'éviter un procès. On avait autre chose à faire: préparer le concert du lendemain.

Mixage en direct de flux (BFM TV, France Culture, BBC News) à travers un vocoder, voix de Trump, Xi Jinping, Bolsonaro. Chorus monstrueux, bit-crushing, ping-pong delays. Et synthétiseurs. Et scène ouverte.

Avant cela, on avait eu une conférence sur l'électricité et une autre sur les orages.

C'était beau, les cumulonimbus et de les voir se former.

Et les phénomènes lumineux transitoires de haute altitude.

Ce matin, mise en boucle des vidéos pour les journées portes ouvertes et rentré tôt pour aller chercher C. à 15h. Je suis dans le train et nous n'allons pas tarder à arriver. 

Il est 14h23.



janvier 17e, 2019

06:47 pm: DOIGTS DE ROSE

C'est beau le ciel le matin. D'abord c'est rose et puis ça s'embrase.

Il ne fait jamais vraiment froid. Il n'y a plus de gelées, plus de glace et plus de neige. C'est la saison unique. Il fait juste nuit et il pleut aussi, pas mal.

Pas trop.

Comme souvent le jeudi, nous nous sommes réveillés tôt.

Il me fallait être à 9h à Vavin. Et j'y fus. Le studio de J.M. avance bien. T. a construit l'ossature interne. Dans quinze jours ça devrait être la fin.

Vers dix heures, je repars pour Montreuil.

Arrivée autour de onze heures. 

K. appelle pour dire qu'il n'a pas le temps de parler et rappellera plus tard. Plus tard, il ne rappelle pas. Plus tard encore, je le rappelle mais il ne répond pas. Plus tard encore, il rappelle mais je suis dans le métro. On se rappellera demain.

J'organise un peu le planning, je sors des devis et des factures, je travaille sur de nouveaux morceaux pour LDELCO, puis A. se pointe. On papote en écoutant des choses et il est temps de rentrer. 

J'avais eu l'intention d'aller chez le coiffeur, mais je ne suis pas passé devant un salon de coiffure. Je recharge les tondeuses et vais bouquiner.

Je n'avais pas pris le temps de déjeuner alors j'ai pris pour le goûter des petits biscuits pomme-noisettes, une tartine de beurre de cacahuète et une clémentine corse avec un thé d'Aubrac. Là, je bois une Grimbergen qui trainait dans le frigo.




janvier 16e, 2019

07:21 pm: RÉSOLUTIONS

On ne peut pas dire qu'il ne se passe rien. Il est loin de ne se passer rien. Il se passe des choses, beaucoup de choses. Et pour commencer, je déménage, j'emménage et nous re-déménageons très bientôt. Nous avons trouvé un appartement avec R.

À Aubervilliers, quatre chemins, un grand F4, avec des terrasses à s'y perdre et tout un tas de salles de bains, de buanderies et de dressings. Effet conte de fée. On s'y rêve déjà et l'on y sera bientôt. Mi-février, fin-février. J'attends les retours de la gestion.

Et puis, il y a du travail. Des études acoustiques, pour commencer: chez O., dans le Perche, chez N. à Buzenval, chez J.M. à Montparnasse, ce matin, repérages pour le C.F. à Maraîchers et la semaine prochaine P.D. pour le quai de l'Oise, deuxième tranche. J'ai demandé un devis pour la location d'une machine à chocs normalisés et d'une source sonore omnidirectionnelle. 

Vendredi dernier, c'avait été psychodrame chez A.C., avec G.P. et sa femme S. La guerre des nerfs. La douche écossaise. J'avais tenté d'apaiser l'atmosphère par quelques prises de mesure, permettant d'objectiver la situation. Ce n'avait été que modérément efficace, puisque, d'après le coup de fil reçu hier de S., au cours du pot de départ d'A.C., à la Plateforme de Dunkerque, la trêve semble avoir fait long feu.

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décembre 28e, 2018

11:03 am: REVENIR AUX FONDAMENTAUX

Ce sera bientôt le moment de former des vœux, me dis-je. Il sera bientôt temps de dessiner un œil au daruma et de lui assigner un souhait. C. aussi a reçu un daruma, offert par R. avec une paire de chaussettes japonaises à dix orteils. Et c'est aussi bientôt le moment de mettre en place de nouveaux rituels, me dis-je, de re-discipliner le quotidien.

J'aimerais arriver à me passer de smartphone, me dis-je. Mais alors il me faudrait une montre, un appareil photo, des carnets, des crayons, des cartes, une boussole, une clé 4G. Il me faudrait un petit sac pour mettre tout ça. Ce serait bien, tous ces objets dédiés à un usage simple et jeter ce truc totalitaire. J'aimerais ça.

Et puis, il y a, une fois réglée la question de l'endroit où nous allons vivre, régler celle de la gymnastique quotidienne, hebdomadaire. 

Acidité cette nuit. Le vin. Brûlures de l'œsophage. Céphalée. Revoir le régime alimentaire. En même temps. Parallèlement.

La radio. S'en passer ? Lire. 

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décembre 4e, 2018

06:08 pm: Devis de vie

Il y a deux éléments, deux contextes. La nuit et le jour. Le sommeil et la veille. Ce sont deux mondes qui ne raccordent pas exactement. A la lisière, l'angoisse. D'où une difficulté enfantine à passer d'un mode à l'autre. Une fois dans le bain de la nuit, ça va. Ça peut aller. Une fois installé dans le jour, c'est pareil. Il suffit d'y mettre l'énergie. Ce sont les passages de l'une à l'autre qui deviennent insupportables. Au bord du jour, au bord de la nuit, vertige et angoisse.

Effets de bord, dit-on. Et comment passer outre ? S'extraire sans peine. Glisser. La radio m'aide mais peut-être aussi que la radio ne fait qu'empirer les choses. C'est que cela devient de plus en plus difficile à supporter, le monde des hommes. C'est qu'il y en a trop, sans doute. C'est que les perspectives sont sombres. Au réveil, ça plombe. Il faut du temps pour s'organiser. Mettre la journée dans le bon angle. Placer le point de fuite.

Aujourd'hui, pas à y couper, c'était devis. Devis à tous les étages. Et même, visite du magasin La Maison en tissu à la recherche d'un coton gratté et finalement c'était autre chose et j'ai même envisagé de la toile à beurre. Déjeuné dans une cantine japonaise non loin, route de Bergues.

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décembre 2e, 2018

10:41 pm: Distance, dit-elle

Novembre s'est écoulé d'un trait, le temps d'ouvrir une porte et de la refermer.

Pas vu passer. Pas vu finir. Déjà passé, déjà fini. Zou novembre, ouste novembre et c'est déjà Noël, bientôt. Noël tout seul et c'est pas plus mal. Noël vide et c'est très bien. Noël au balcon et c'est pas plus con. Il y aura des tracks à enregistrer au studio, un peu d'écriture, espère-t-on, du repos aussi et de la lecture. Et il fait toujours aussi chaud. Aussi tiède. Quinze degrés aujourd'hui à Paris et je lis qu'à Dunkerque presque autant.

Aujourd'hui, réveil vers neuf heures. C. m'appelle en Face Time depuis sa chambre pour que je puisse assister à distance à l'ouverture de la deuxième fenêtre de sopn calendrier de l'avent. Ensuite tout s'enchaîne. Tartines, jeux, courses rapides, cuisine, arrivée de R., tarot, déjeuner puis hop, la Villette pour le vernissage de l'exposition Microbiote, mais trop de monde, on ne reste pas et on va, à la place, à la Cité des Enfants jouer avec l'eau, les tuyaux, les paraboles.

Hier ç'avait été les expositions conjointes de H. et U. et il faut qu'on se voie très vite autour de quelques barriques nom d'un gilet jaune!

Et ce soir c'est déjà dimanche soir et demain Dunkerque.

Et voilà. C'est demain. Il est huit heures cinquante six et je me trouve dans la salle dite Théorie 1, en attente des étudiants de deuxième année.

J'ai dormi dans le train. Mon voisin travaillait, pianotait, regardait des photos. Je n'ai pas espionné, juste aperçu, entendu. Me suis laissé bercer par le cliquetis des touches. D'avoir supprimé l'application Facebook de mon téléphone c'est un peu comme de se relever d'une longue maladie nerveuse. 

Penser à acheter du beurre.

Il y avait une belle porte verte au numéro 24 de la rue de la Gare, me suis-je dit en marchant vers l'école. Le train avait un peu de retard et je ne me suis pas arrêté au Monoprix pour prendre un café. Et voici la première étudiante qui arrive. Toujoursq ponctuelle.



novembre 13e, 2018

11:49 am: All work and no play


L'été sort par la porte et revient par la fenêtre, me dis-je.

Il pleut et soudain il ne pleut plus. Je ne m'attends plus à rien. Ni même, surtout, à être requis par qui que ce soit ce matin. Il est onze heures dix huit et je viens de faire le tour des boxes vides, une fois de plus, par acquis de conscience (de classe).

Je me tiens prêt, pourtant. Spotify, en arrière plan, diffuse une compilation des pièces chantées et de chambre d'Anton Webern. Ambiance propice à une méditation sérieuse, à un examen formel, à une analyse rigoureuse. L'esprit se tend, se détend, prend une forme oblongue et s'allonge sous le tempo.

Des mouettes, au loin, rappellent la proximité de la mer.  L'air est comme ionisé. La pointe large d'un gaz lourd. Il fait tiède. Humide et tiède. J'ai acheté des chaussettes et des boxers en coton au Monoprix hier soir, avec une salade, un sandwich, une pomme et une bouteille de Coca Zéro.

Il n'y avait pour ainsi dire personne à l'Escale. Trois anglais ce matin. On m'a donné la 110, cette fois. Sous prétexte qu'il n'y avait pas de réseau dans la 102. Mais il n'y a pas plus de réseau dans la 110 et je préfère la 102, à tout prendre. Même si j'aurais encore préféré une chambre au troisième ou au quatrième. Pour la vue sur la mer. Je vais leur en parler. Cette fois, j'ai osé aborder le sujet du petit déjeuner salé avec le bacon pas cuit et le jambon de mauvaise qualité. J'ai dit: c'est dommage et le monsieur a dit: oui c'est dommage. On va voir ce qu'on peut faire. Petit à petit, je vais peut-être contribuer à améliorer le service ? A propos, des travaux sont prévus à partir du 9 décembre. Il va falloir trouver une alternative.

Des portes s'ouvrent, claquent. Toujours rien.

Ce matin, la banque m'a appelé pour me prévenir d'un dépassement de mon découvert autorisé et j'ai creusé le découvert d'un compte pour alimenter le découvert de l'autre. J'étais en ligne avec G. lorsque la banque a tenté de me joindre. Enfin, je dis la banque mais c'était Madame S., ma nouvelle chargée de compte. Et donc, G. m'appelait, alors que Madame S. cherchait à me joindre. Il m'appelait, lui, pour me demander si l'argent allait arriver enfin, si une réponse avait bien été donnée à l'avocat. Pour parler du travail incessant, des charges incessantes, de l'argent que l'on ne voit jamais. De la dette, seulement la dette. Du fait que l'on ne manipule que de la dette. De la santé qui ne va pas et on n'a pas le temps de s'en occuper. De cette vie de con où l'on ne s'arrête jamais. Où l'on se demande: à quoi bon? On se demande: pourquoi ? Je dis: eh oui. Je dis: ben oui. Je dis: bon. Il me dit qu'il faut qu'on se parle, qu'on se voie, face à face, qu'on s'organise. Ça ne peut pas continuer ainsi. On doit pouvoir faire mieux. Je dis oui. Bien sûr. On va se voir. On s'appelle. On reste en contact. On se tient au courant. Je fais un message à P. pour savoir si le virement est parti. Reçoit réponse de P. que oui, il est parti. Message à K. Et il n'y a toujours personne. Pas l'ombre d'un rendez-vous. Il faut que j'invente quelque-chose. Il faudrait que je fasse comme P., qui avait écrit un livre, profitant des ces stases hebdomadaires. Alors oui, un livre, ce serait bien.

Il fait tiède. Il fait bon. C'est déjà ça. C'est toujours ça de pris. Il est bientôt l'heure de se demander ce que l'on a envie de manger à midi. Il est bientôt l'heure de se rapprocher de J., de P., de D., de qui sais-je encore ? De se contacter pour décider — ou pas — de déjeuner ensemble -ou pas. Il fait beau. C'est magnifique. S'installer dehors ? En terrasse ? Peut-être pas jusque là, tout de même ?

Au réveil, c'était désagréable d'entendre cette vieille courgette de L.F. Le seul avantage c'est qu'il ne cessait d'engueuler cet imbécile de G.E., qui ne comprend rien à rien. Ça devenait drôle. J'ai soupçonné G.E. de faire un peu exprès. De se faire encore plus bête qu'il ne l'est. Je lui prête cette forme d'intelligence. Ce goût de faire enrager l'invité. Pour en tirer le jus. Dans l'espoir d'un scoop. Pour divertir. Il m'était alors difficile de départager mon déplaisir entre l'idiotie de l'un et l'enflure de l'autre. L'idiot et l'enflure, en voilà un réveil, me disais-je. Et cela ne favorisait pas mon essor rapide. Cela me maintint au lit de sept heures à huit heures mais au fond pourquoi se lever tôt ? Pour qui se lever tôt ? 

Dans un rêve, il y avait K. qui passait dans un couloir et je me trompais sur son prénom, ce qui l'agaçait. Elle disparaissait dans un escalier et j'avais l'impression d'avoir été grossier. C'est tout ce dont je me souvient. Le diable, probablement.



octobre 23e, 2018

12:08 pm: Dîtes moi

Parfois mes journées ressemblent à celles de Jeanne Dielman, me dis-je.

Surtout le lundi, avec huit heures de cours. Deux fois quatre heures et une coupure d'une heure pour déjeuner. 

Après l'angoisse du vide, la solitude du premier quart d'heure, l'arrivée au compte-goutte des rares étudiants ponctuels  — enfin, "ponctuels", c'est une façon de parler: nous appellerons "ponctuels" celles et ceux dont le retard n'excède pas la demi-heure réglementaire —  après celle des retardataires arrogants (qu'on ne rate pas et qui nous le rendent bien), on sent vite monter la fatigue, l'ennui, le doute.

D'abord, le matin avec les étudiants de deuxième année et puis l'après-midi avec les étudiants de troisième. Deux formes différentes de fatigue, d'ennui et de doute. Différentes en qualité et en quantité. En densité. 

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octobre 18e, 2018

08:27 pm: Burn in

C'est un long mois. C'est un mois bien chargé. Et puis j'ai été malade.

Je ne vais pas encore très bien. Je ne dors pas bien. Mais ça va. C'est juste de la fatigue, de l'épuisement, ça va. C'est bientôt fini. Encore quelques jours.

Et puis c'est bien, au fond, ça rassure. D'être occupé. D'avoir du travail. D'avoir des choses à faire. Ça rassure. Ça structure. Ça vous pose. Ça vous nourrit. Mais ça vous consume aussi. Ça ne doit pas durer éternellement à ce rythme. Ça ne doit pas. Il faut trouver un rythme de croisière. Trouver de l'air, du temps. 

Je me fais un congee au poulet. Et puis je me mettrai au lit avec un traité d'acoustique, ou bien Netflix, ou bien Candy Crush. Ou tout à la fois. Quelques gammes de guitare, avant. Peut-être. Sans doute. Il faudrait penser à prendre des notes, de nouveau.

Ces deux derniers jours, j'accueille des stagiaires du CIFAP au studio. C'est agréable. Familial. Chaleureux. Demain, dernière séance, hors studio.




septembre 15e, 2018

07:34 pm: ÉCRIRE (SE) DIT-IL

Il s'était dit qu'à part le plaisir d'écrire, il n'y avait pas grand-chose à attendre de ce qu'il était convenu d'appeler "la vie". La "vraie vie", comme on l'entendait dire (et cela faisait rire). La vraie vie, s'était-il dit, pouffant à s'en étouffer en mangeant sa tartine. Mais appeler ça un plaisir était tout de même un peu fort, s'était-il dit. Écrire était essentiellement une chose horrible. Moins horrible bien sûr que tout le reste, s'était-il dit. Et tout ce reste n'était rien. Et écrire n'était rien. Mais c'était ce peu de chose qui restait, s'était-il dit, ce peu de chose qui demeurait quand il ne restait plus rien. Et il ne restait plus rien. Mais aussi, avait-il ajouté, in petto, on pouvait aussi bien dire qu'il n'y avait jamais rien eu. Jamais rien eu d'autre que la folle espérance. Le fol espoir de la jeunesse. Il y avait eu la jeunesse, s'était-il dit et la jeunesse était une chose horrible, avait-il ajouté. Mais la vieillesse n'était-elle pas plus horrible encore ? — s'était-il demandé. Cela restait à prouver, s'était-il dit. 

Et ce ruminant, il avait attaché son vélo et posé son sac. Il avait  un moment caressé l'idée de s'asseoir là, sous la canopée et de commander un café mais ses poches étant vides il était allé s'asseoir dans le hall du conservatoire.

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